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Nikon a donc dévoilé son nouvel outil de “photographie pure”, suite au teasing de ces dernières semaines. C’est donc bien le Df dont les photos on fuité hier, et les principales caractéristiques il y a plus longtemps.

Surfant sur la vague du néo rétro (voir ici de beaux exemples dans le domaine automobile), ce Nikon Df prend sa source dans la série F — qu’on qualifiera de mythique, pour jouer le jeu —, sans toutefois cloner un modèle particulier. Il est revu à la sauce numérique, intégrant le capteur du D4, l’écran du D800, l’autofocus du D600, façon Frankenstein.

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Les amis des molettes en auront pour leur fromage, car il y en a plein : pour les ISO, les vitesses, la compensation d’exposition, le mode d’exposition, la vitesse de la rafale, tout ça sur le dessus. Ca ne dégage pas pour autant le dos, qui a une disposition classique de numérique Nikon, ni l’avant avec une drôle de molette crantée pour piloter l’ouverture de l’index (ou du majeur si vous êtes agile). Cette dernière est d’ailleurs placée à la hauteur de l’attache de sangle, j’ai quelques doutes sur son ergonomie — à vérifier en test.

Tout cela me fait penser aux montres à complications, où les amateurs se délectent des roues crantées et engrenages supplémentaires. La différence est que ces complications ajoutent en général des fonctions supplémentaires, alors qu’ici ce ne sont que les réglages de base.

Les fidèles clients de Nikon pourront monter sur le Df leurs anciennes optiques à bague de diaph “non AI”, mais il faudra passer par les menus pour désactiver la molette avant au changement d’objectif (une touche fonction programmable pourra aider sans doute).

Donc le capteur est celui du D4, “ce que Nikon fait de mieux en matière de qualité d’image”.  Plein format, 16,2 millions de pixels, une sensibilité jusqu’à 204 800 ISO en poussant le bouchon jusqu’au bout. Le processeur est l’Expeed 3 (il y a un Expeed 4 sur le D5300, mais au format DX, c’est aussi l’Expeed 3 qui est embarqué sur le récent D610). L’autofocus est à 39 points, “le Df n’est pas fait pour les photos de sport”.

Le prix est de 2899 €, soit le même que celui du D800. Quelles différences, outre l’ergonomie ? La définition du capteur reflète deux options différentes : le plein de pixels (plus de deux fois) sur le D800, des pixels plus gros sur le Df, permettant une montée en sensibilité plus sereine. Et le volume et poids des deux appareils : 200 g de moins pour le Df, et 1cm de moins en hauteur et 1,5 en profondeur. Et la vidéo, absente sur le Df, ce qui en réjouira certain et décevra d’autres.

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La prise en main (de quelques minutes seulement, ci-dessus dans les mains expertes de Julien Bolle) est déconcertante, c’est un appareil avec lequel il faudra le temps de prendre ses marques, malgré la promesse de revenir à des commandes classiques, du moins pour ceux qui ont fréquenté l’argentique. Il faudra vraiment voir au cours du test si on peut dompter ses commandes, et comment se passe l’aller retour entre commandes physiques et menus numériques.

J’avoue que ce premier contact me laisse dubitatif…  Le design n’a pas le charme de certaines des créations néo rétro (ou le pire côtoie le meilleur, voir le lien en début d’article), le mix d’ingrédients technologiques tirés des autres appareils de la marque est décevante par le manque d’innovation (par exemple le wifi est possible, mais il faut enfoncer dans le boitier un dongle façon mini clef USB), la prise en main est déroutante… Reste la promesse de qualité du capteur du D4, en haute sensibilité particulièrement, à un prix plus abordable (tout est relatif). Situé au même prix que le D800, les amateurs de Nikon voulant investir dans un haut de gamme se trouveront devant deux produits très différents et devront choisir leur camp. Choisir en quelque sorte entre Star Trek et Star Wars.

Caractéristiques détaillées sur le site de Nikon.