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(il y a un jeu de mots)

Réponses Photo 257 : le langage de la couleur

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Ce mois-ci dans Réponses Photo, l’humeur est à la couleur ! Si je vous dis que le dossier spécial couleur de 35 pages est formidable, je dois également vous préciser que j’en suis l’auteur, donc pas totalement objectif.

J’ai eu envie de traiter ce thème en constatant qu’en général lorsqu’un magazine ou un livre traite de ce sujet, l’accent est mis sur les photos aux couleurs vives, « qui pètent ». Mais il y a bien d’autres registres avec la couleur et, personnellement, j’ai plus d’affinité avec les jeux de couleurs qui jouent le registre de l’émotion plutôt que celui du choc.

Avant une visite guidée, la parole à Sylvie qui explique l’intention de ce numéro dans son édito :

Edito

 

Annoncez la couleur !

Longtemps, la photo couleur a eu du mal à se faire accepter dans les musées de photographie. Il a fallu que le Musée d’art Moderne de New York, le fameux Moma, expose des tirages en procédé dye transfer de William Eggleston en 1976 pour créer un choc et faire avancer les mentalités, la photo couleur étant jusque-là jugée commerciale et donc vulgaire. De nombreux photographes lui ont emboîté le pas : Stephen Shore, Joel Meyerowitz, Alex Webb, Harry Gruyaert… Depuis, les choses ont bien changé : aujourd’hui, la couleur domine largement dans la production contemporaine et il est amusant de constater qu’en parallèle, on redécouvre avec nostalgie les couleurs d’antan. Le succès du livre Palm Springs regroupant des photos couleur de Robert Doisneau (une commande pour le magazine américain Fortune) ou celui – encore plus important – de l’ouvrage Early Color de Saul Leiter en témoignent. Dans la foulée, a été publié Paris-Couleurs de Willy Ronis, on a pu voir les inédits en couleur de Brassaï au Pavillon Populaire de Montpellier et, dans ce même lieu, actuellement, les tirages Fresson de Bernard Plossu (voir notre sélection d’expos).
Dans notre dossier point de nostalgie, nous nous intéressons ici aux auteurs couleur et à la photo couleur d’aujourd’hui en mêlant nos trois approches habituelles : technique, pratique et esthétique. C’est Philippe Durand, notre collaborateur “historique”, qui est aux manettes pour ce dossier de 35 pages. Il a choisi de suivre un professionnel, Philippe Pache, qui a débuté en photo noir et blanc et est arrivé à la couleur sur le tard. Ce rapprochement est intéressant d’ailleurs car il aborde la couleur comme le noir et blanc, son point de départ étant la lumière… mais je ne vais pas vous dévoiler ici ses secrets de fabrication, lisez son interview où il révèle que c’est le film de Wong Kar Wai, In the mood for love, qui lui a fait comprendre que la couleur pouvait apporter une émotion…
Tout au long de ce numéro, nous avons essayé de vous prouver que l’on pouvait avoir un regard “coloriste” sans être un adepte des images saturées où une Ferrari rouge se détache sur un beau ciel bleu polarisé pendant qu’une pin-up en maillot de bain jaune fluo prend le soleil… Aujourd’hui, posséder un regard couleur, c’est savoir trouver sa propre tonalité, sa propre personnalité à travers les milliers de nuances qui existent sur son écran calibré. Couleurs douces, “vintage”, estompées, croisées, contrastées, décalées, oniriques… grâce au numérique, le photographe couleur possède désormais une incroyable palette pour créer. Du coup, pour épater la galerie, il ne suffit plus de faire s’affronter deux couleurs primaires ou de sous-exposer un paysage en éclairant le premier plan au flash. Nous sommes devenus aussi exigeants avec les photographes couleur qu’avec les auteurs n & b. D’ailleurs, il y a de plus en plus de ponts entre les deux, les photographes adoptant l’une et l’autre de ces écritures suivant les sujets abordés. Un croisement des pratiques qui nous plaît bien, car nous n’avons cessé de dire (et d’écrire) que la photographie s’enrichissait quand des auteurs n & b s’essayaient à la couleur et que des coloristes se lançaient dans le n & b.
Sylvie Hugues

 

 

Sommaire

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(cliquez sur le sommaire pour l’agrandir)

 Dossier Couleur

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06Philippe Pache-1

 

Je suis allé rendre visite à Philippe Pache dans sa bonne ville de Lausanne pour comprendre comment il faisait parler la couleur de manière aussi sensuelle. J’ai eu la chance d’assister à une double séance de prises de vues extérieur / intérieur avec un de ses modèles fétiches, Natacha Jack, et de poser des questions au photographe, mais aussi au modèle. Les photographes n’aiment pas toujours montrer leurs essais, leurs hésitations, nous sommes donc privilégiés que Philippe Pache nous ait confié plusieurs versions des images de cette séance en illustrations de questions comme « intérieur ou extérieur ? », « net ou flou ? », « chaud ou froid ? ».

07Revisons nos classiques-cm-1

Lors des stages que j’anime, en particulier celui sur la couleur en photo numérique (prochaine session les 27-28-29 septembre 2013 à Roussillon en Provence — infos au 04 90 05 77 44), j’ai constaté que les notions de base de la couleur étaient mal connues. L’article « révisons nos classiques » en fait le tour. Après lecture, vous devriez avoir une notion un peu plus précise de ce à quoi servent ces curseurs dans les logiciels de traitement d’image.

08Harmonies-cm-1

Qui dit langage dit grammaire, je suis donc allé chercher les différents accords de base des couleurs entre elles, pour mieux comprendre ce qui fait qu’une photo en couleurs fonctionne plus ou moins bien. Un bon exercice pour affuter son regard.

09virages deux tons-cm-1

Après une prise de vue réussie, une grande partie du travail sur la couleur se fait dans les logiciels. C’est là qu’on va pouvoir faire parler la couleur, la « sublimer » en finesse plutôt qu’en puissance. J’ai choisi de consacrer un article pratique aux virages deux tons, car avec le numérique les virages ne sont plus l’apanage du noir et blanc, et cette technique est un outil puissant de retouche chromatique. J’explique comment faire avec Lightroom, Capture One Pro, et deux méthodes avec Photoshop, un tour d’horizon qui doit vous permettre de mettre cette technique en pratique avec n’importe quel logiciel un peu évolué. 6 études de cas illustrent la palette des transformations possibles.

Sylvie et Caroline ont repéré en complément deux très beaux portfolios de lecteurs, Damien Gugenheim et Guy Thouvenin.

Pour clore ce dossier, comme chaque fois quelques recommandations de livres et ressources. Et une interview d’Anne Varichon, anthropologue spécialiste des couleurs, qui nous éclaire sur l’importance de la couleur pour l’homme, histoire de lever un peu le nez de nos appareils.

Articles

04 Evénement-cm-1

10Pluie d'étoiles OK -1

11Inde_Bouvet_257_correctionChromi-1

12Cardon -1

17EXPOS-cm plossu

18Festivals 257_OK -1

D’autres articles de ce numéro ne font techniquement pas partie de ce dossier, mais en sont une prolongation naturelle. Laurent Laveder photographie la couleur de la nuit, Eric Bouvet revient des rives du Gange pour un pélerinage coloré, le nouveau regard (le premier Prix Photon en partenariat avec ce labo toulousain) Quentin Cardon va trouver des couleurs improbables le long de l’autoroute A86. Le magazine s’ouvre sur les tableaux abstraits et superbement colorés d’Alain Colombaud, en fait des vues de Camargue pris d’ULM. Et l’ouverture du cahier Culture est consacré aux couleurs de Bernard Plossu exposé à Montpellier.

Matériel

13Ouv_Matos_257_OK

14Spécial budget_OK-1

 

15Témoignage_Ricoh_257_OK-1

16Test_papier_257_OK-1

Il y a bien entendu un peu de matos dans ce numéro. En ces temps d’économies, la question « quel reflex s’offrir pour 500 € » devrait en intéresser plus d’un. Les canonistes plus argentés se tourneront vers le 200-400 mm f:4 et son multiplicateur x1,4 intégré qui le transforme en 280-560 mm. Une belle bête à 13000 € qui réussit l’exploit de remporter un Top Achat, c’est dire. Plus raisonnable, le Olympus Pen E-P5 cache sa modernité sous une robe vintage. Le mythique Ricoh GR dans sa version numérique a été confié à 4 lecteurs. 11 papiers jet d’encre nouveaux ou réactualisés ont été testés, avec quelques pépites au milieu. Julien Bolle se rappelle le Lubitel 2, mais en fait il l’utilise toujours, et Renaud Marot a fait sa récolte habituel d’accessoires. Ah oui, si vous cherchez des sous, je vous dirige dans ma chronique « Vu sur le net » vers 4 sites de financement participatif.

On a fait le tour, bonne lecture ! Et merci comme toujours pour vos commentaires.

8 Comments

  1. Thème alléchant..
    Je vais encore entrer deux fois par jour chez mon libraire pour vérifier s’il est arrivé !

  2. just love the landscapes by Alain Colombaud…

  3. .. intéressantes ces quelques pages sur les virages à deux tons, notamment dans ‘lightroom’ (j’ai toujours survolé cette série de curseurs avec un dédain dont j’ai honte rétrospectivement…).

  4. L’article sur la couleur est super: intéressant, instructif, bien construit. Cela change des articles lus et relus de certains magazines. Il m’ouvre l’esprit sur quelque chose à quoi je prête rarement attention. Bravo à l’auteur!!

  5. 😉

  6. :))))))

  7. Pourquoi encore parler de Bernard Plossu, capable du bon mais le plus souvent du pire. Plossu, c’est un nom et comme le gars est connu il faut que l’on en parle encore et encore et encore…
    Un truc que je ne comprends pas : dès qu’un photographe est connu, il est de bon ton de s’incliner même sous ses photos médiocres !!!

  8. Pour avoir vu des photos N/B de Bernard Plossu, c’est une surprise de découvrir son travail en couleurs. Et comme c’est l’expo du mois c’est émouvant de voir ces peintures là page 140 car la nature morte (1974) évoque aussi toute une époque cela rappelle aussi la photo instantanée, le super 8 …

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