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(il y a un jeu de mots)

Jazz & photo : Bill Frisell & Disfarmer

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Une pierre de plus à l’édifice « jazz et photographie » avec Disfarmer, le nouvel album du guitariste Bill Frisell.

L’idée a été d’écrire une bande originale, non pas d’un film, mais de photographies. Mike Disfarmer était un portraitiste qui a rassemblé, dans les années entre la grande dépression de 29 et la seconde guerre mondiale, une galerie extraordinaire des gens très ordinaires de l’Arkansas (état qu’on peut classer dans la catégorie « trous perdus »). Ce qui a inspiré Frisell est non seulement les images et les sujets photographiés, mais la personnalité hors du commun du photographe.

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Né dans une famille d’immigrants allemands, fermiers du nom allemand Meyers (« meier » signifie producteur laitier), il rejette sa famille au point de prendre le nom de Disfarmer (non-fermier). Il s’initie tout seul à la photographie, installe son studio à l’arrière de la maison maternelle, puis en centre ville, utilisant les premières plaques de verre disponibles.

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La ville entière et la campagne alentour défilent dans son studio. Le processus reste remarquablement constant : lumière du nord diffuse et parfaitement contrôlée, prise de vue frontale, pas de pose affectée ni de sourire forcé. Il ne fallait pas compter sur la personnalité de Disfarmer pour susciter un sourire.

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L’histoire aurait pu s’arrêter là, à sa mort en 1959, comme pour beaucoup de studios et commerces de photographie qui disparaissent avec leur propriétaire. Mais le studio abandonné est racheté par un retraité de l’armée, Joe Albright. Il y découvre des milliers de dollars cachés dans des boites de plaques photographiques, mais surtout plus de 3000 négatifs sur verre. Il les stocke dans sa cave jusqu’au jour où un journal local lance la publication de photos anciennes soumises par les lecteurs, en 1974. Le propriétaire du journal, photographe, rachètera le fond photographique et l’exploite aujourd’hui, organisant des expositions et vendant des tirages ($800 dans leur format original de 8,5 pouces sur 11 — 22×28 cm environ).

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Bill Frisell a donc composé 26 pièces courtes, fortement inspirées, comme souvent chez lui, par la musique américaine traditionnelle — on l’a étiquetté « post-americana ». Sa guitare aérienne, soutenu par une basse, un violon et une steel-guitar ou mandoline, est également agrémentée de boucles numériques. Le tout est très plaisant, avec une petite touche de nostalgie sans tristesse.

Le CD de Bill Frisell Disfarmer (beau livret, qu’on aurait aimé encore plus complet, ou dans une édition premium avec plus de photos) sur Amazon

Le site Disfarmer pour découvrir les photographies

4 Commentaires

  1. pasqualina.cardon@orange.fr'

    j’aimerai passer commande mais n’ai qu’un blog igoogle qui ne passe pas.
    ce qui est une coincidence de plus, dans mon propre cheminent et démarche photographie dans la région Nord-pas-de Calais en france …dans les échos du monde et préparant un projet inédit pour 4 ou cinq anniversaires qui feront honneur à la france ainsi mettre un accent particulier sur son rayonnement international avec le poëte « de la modernité qu’est Arthur Rimbaud et son fameux poëme de voyelles décrypté depuis 1995.
    Lina Cardon, fondatrice et présidente de l’association V.I. A. (visuels d’Ici et d’Ailleurs) Cartolina.
    25, rue Henri Dunant 59000 Lille FR

  2. jrom45@yahoo.fr'

    Mon guitariste favori !
    Merci de cette note !
    Musicalement, ce type est génial, à mon sens, le guitariste le plus intéressant de ces 20 dernières années.
    Il avait déjà fait de la musique pour les films de Keaton et sur les peintures de Gerhard Richter.
    Bref, plongez vous dans sa discographie même sans alibi photographique…

  3. romain_nosenzo@yahoo.fr'

    Merci de l’info j’aime beaucoup Bill Frisell aussi. Surtout dans ses collaborations avec John Zorn (Grand Guignol, Naked City …)
    Disfarmer ca a l’air pas mal aussi c’est l’occasion de découvrir quoique je crois avoir deja vu quelques unes de ses photos.
    Philippe, d’autres suggestions du même ordre ?

  4. postmaster@pir-photos.net'

    Philippe, ma carte bleue ne te dit pas merci !

    Si j’osai, je proposerai bien deux conseils de lecture à petit prix pour ceux qui trouvent que le jazz s’accouple avec la photo aussi bien qu’avec la java :
    – JAZZ de Ed Van Der Elsken (préface en néerlandais, mais avec un bout de traduction en français, mais là ne me semble par l’important, la preuve je me suis pas mis à la méthode assimil pour autant) : les plus grands noms, des photos contrastées, une mise en page recherchée ;
    – A HAUTEUR DE JAZZ des photos de Hervé Gloaguen prises la plupart à Paris entre 1960 et 1968.

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