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(il y a un jeu de mots)

Le numérique vu par tonton Adams

adams

Dixit Ansel Adams, qu’on ne peut soupçonner de manquer de respect à la photographie argentique :

« Ce qui m’enthousiasme, c’est que dans quelques petites années, nous aurons un moyen d’expression entièrement neuf : l’image électronique. J’ai vu ce que peut arriver à un tirage reproduit par un scanner laser, comment il peut être enrichi, alors que ce n’est juste le commencement (de cette technique). J’ai également vu de magnifiques images électroniques prises directement (…). Je sais que le potentiel est là, et que ce sera fantastique. Dans ce sens, les négatifs de (mes) photographies* seront comme des œuvres d’un ancien compositeur qui seront réinterprétées grâce à un nouveau moyen. Et je trouve que c’est merveilleux. »

* Les négatifs d’Ansel Adams ont été légués au Tucson Center for Photography (Université d’Arizona), avec liberté aux étudiants et chercheurs de les retirer à leur manière.

 

En v.o. pour mémoire :

« The thing that excites me is that within not too many years we’ll have an entirely new medium of expression — the electronic image. So I’ve Seen what can happen to a print reproduced by the laser scanner and how that is enhanced, and that’s just the beginning. I’ve seen also magnificent electronic images direct (not pictures of pictures). I know the potentials are there. I know it’s going to be wonderful. In that sense, the negatives for these photographs (donated to the Tucson Center for Photography) will be reinterpreted through a fresh medium. And I think that is marvelous. »

Tiré d’un documentaire produit par la BBC (date inconnue). Ansel Adams est mort en 1984.

Illustration : photo d’Ansel Adams dans le domaine public.

15 Comments

  1. Le plus drôle sera sans doute l’avènement de la photographie holographique !!! Bon d’accord, les albums seront encombrants…

    Ceci étant dit, j’ai été très surpris à la lecture d’une étude apparemment sérieuse d’un chercheur allemand selon lequel le développement du numérique, dans tous les domaines, et surtout le développement de l’internet était très mauvais pour la planète. En effet, déjà aujourd’hui, le fonctionnement de l’internet à lui seul nécessite la mise en oeuvre de 14 centrales de production électrique dans le monde , et dans 20 ans, le fonctionnement de la toile à lui seul doublera la consommation énergétique de l’espèce humaine ( la consommation du moment pas celle d’aujourd’hui bien sur)… De quoi réfléchir au sens des mots  » vice » et  » vertu » quand on parle tous les jours du réchauffement du climat et des 160 grs de Co2 de ma voiture…

  2. Et entre la chimie de l’argentique ou la centrale électrique pour le numérique, que choisir…
    Chacune de nos activités sur cette planète à un impact. La photographie es là pour témoigner, mais elle participe aussi.
    Tonton Adams aurait-il soupçonné les réflexions jusqu’auxquelles nous amènent ses clichés ???

  3. @ David : Pas de méprise, je ne parlais pas que de la photo, qui, qu’elle soit numérique ou argentque n’aura qu’un impact limité. Je parlais de l’internet qui est un vecteur, autant de photos argentiques ( je poste mes photos comme tout le monde sur mon blog, pourtant elles sont argentiques pour la plus part mais aussi parfois numériques…) que numériques. Je faisais part d’un article lu récemment qui mettait en garde sur la digitalisation de tous nos moyens d’expression et de communication? c’est tout.

    c’est un peu comme les gens qui font de la voile, et qui, parce qu’ils ne naviguent pas avec un moteur pensent avoir une démarche eco-citoyenne, alors que les coques et voiles en polyester sont de vrais pots de pus pour l’environnement quand il faut les détruire, et il faut bien qu’un jour ils le soient.
    La technologie numérique, peut sembler propre, par exemple c’est l’image que se donnent aujourd’hui les entreprises des nouvelles technologies par rapport aux industries. Les indiens qui héritent de nos ordinateurs mis au rebut , en tas dont ils doivent extirper ce qui leur semble récupérable peuvent attester que ce n’est pas le cas. Un peu comme la vielle coque du Clem qui a fait tant de bruit… le gouffre en énergie que cela semble nécessiter est inquiétant. Comme toi j’ai un ordi et je vais sur internet tous les jours… J’assume ma pollution, et ne m’enprends pas par exemple aux gens qui ont une grosse bagnole au motif qu’ils polluent autant que moi et mon ordi par exemple…

  4. J’aime bien votre blog …. mais votre anglophilie manifeste commence à me peser : quel besoin, ayant traduit ce texte fort opportunément, de nous servir « pour mémoire » le texte anglais ?

    Cela fait chic d’afficher son aisance en Anglais (et plus encore en Américain, lorsqu’il s’agit d’apprécier les singeries filmées d’un photographe dans les rues de New York, comme il y a peu sur votre site) mais à force, la culture française déjà niée dans les multinationales par les ‘patrons’ américains (Alcatel et autres) se voit même dévalorisée par les Français eux-mêmes, spontanément.

    La langue est un outil de pouvoir et on ne devrait jamais renoncer à la sienne que contraint, et dans l’attente vigilente de pouvoir échapper à cette contrainte

    Je suis belge et habitué à défendre ma (notre) langue quotidiennement (mais avec un succès décroissant dans la Belgique actuelle), et le manque de patriotisme culturel des François me dépite..

    Bien à vous !

  5. @ Christian : Tu as raison sur toute la ligne et c’est vrai nous sommes collectivement coupables. Mais l’anglais sur la toile, c’est l’esperanto non ? Il y a sur ce blog un site Brésilien, dans quelle langue faut-il s’adresser à notre ami selon toi? peu de gens connaisent le portugais.

  6. well…

    Je break my ass à translater un texte que j’aurais pu livrer straight, pour avoir ce genre de bs, merci very much.

    D’autant que par ailleurs, je m’attache à utiliser autant que possible les termes francophones. J’aime cette langue, j’y suis attaché, c’est la mienne, j’aime l’entendre parlée par des peuplades exotiques tels que les belges, les québécois, les sénégalais, les méridionaux…

    Oui, d’accord, il faut la défendre. Mais je ne suis pas non plus obsédé de la chose, une langue c’est vivant, et si les mots anglais (allemand, italiens, chinois…) communiquent mieux ce que j’ai à l’esprit, qu’il en soit ainsi. Qu’on se les annexe, qu’on les digère et qu’on n’en parle plus. Les guerres de tranchées ne font pas beaucoup avancer.

    Et je ne vois pas trop où est l’anglophilie dans ce blog (pour autant que ce soit condamnable), si ce n’est des liens vers des vidéos ou des sites qui peuvent être en anglais — et qui ne sont pas disponibles en français. De plus, je prends souvent la peine de préciser le niveau d’anglais nécessaire pour la compréhension de la chose. La vidéo de Meyerowitz a effectivement une dimension simiesque, je suis d’accord, mais d’une certaine manière c’est ce qui la rend intéressante…

    Il ne faut pas non plus faire l’autruche, et comme le dit Serge, l’anglais est devenu ipso facto l’esperanto non seulement du web, mais du business monde des affaires, du voyage (miracle, on peut communiquer avec quelqu’un qui parle une langue différente). Refuser d’apprendre ou de parler l’anglais est un comportement irresponsable pour ceux qui ont ce luxe. Et je pars du principe que suffisamment de francophones comprennent l’anglais pour que cela vaille la peine de faire référence à des documents en anglais.

    Le texte figure en anglais non par recherche de « chic » (ce n’est pas vraiment mon idée du « chic » — tiens, un mot français utilisé par les anglais, et dont l’origine semble par ailleurs allemande), mais simplement car je l’ai transcrit moi-même de la vidéo et que je ne l’ai trouvé nulle part ailleurs sous forme écrite. D’où le « pour mémoire », tout simplement. Vous n’êtes pas obligé de le lire.

  7. « ipso facto » et en plus du latin maintenant !
    Vous poussez le bouchon un peu loin PhilippePhotofloue !

  8. @ Philippe : Comme vous je suis très attaché à ma langue natale ( mon plaisir du moment est la relecture de Rabelais !!) et d’un certain point de vue, ce rappel à l’ordre venu d’un cousin Belge, mais ce pourrait être nos cousins de la belle province qui sont nombreux sur ce blog, est rassurant, on se sent moins seul. Cela n’empêche pas que j’apprécie beaucoup l’anglais et que je puisse être « condamné » pour anglophilie. Mea culpa donc, j’apprécie au moins autant Shakespear que Rabelais et Molière ( entre autres). A Christian notre ami Belge je dirai donc que parler Anglais aujourd’hui est un moyen indispensable pour suivre le conseil de Montaigne, et  » frotter sa cervelle à la cervelle d’autrui ».

  9. @tout le monde : je suis européen, français, provençal, et j’ai un « putaing » d’accent. Je parle aussi espagnol et anglais (presque sans accent !). Et c’est tout cela qui fait ce que je suis.
    Et c’est tout, aucun problème.
    Amitiés !

  10. @christian un peu d’humour ça fait du bien.Je suis voisine des belges et hélas je ne comprends le néerlandais mais je peux prendre des cours. Pour la vidéo in english il à un plan le pro en 6 points je crois.Pour la langue anglaise on peut toujours suivre des modules . Mes enfants ont tous fait de l’anglais et j’ai fait écouter la vidéo (avec le transat) à ma fille qui fait de l’anglais depuis quelques années et elle s’est sauvée.Et je crois que nous les français ne faisons pas trop d’effort pour apprendre et entretenir une autre langue tout dépend de la profession etc

  11. Je crois que les Français n’ont pas conscience du fait qu’une langue doit se défendre activement ; je ne souhaitais plus vous casser les pieds avec mon manque d’humour, mais je tombe par hasard sur cet extrait prélevé sur le site du Monde Diplomatique et je me dis que les invocations à la nécessité (économique, plus souvent que fraternelle) doivent avoir un fin :

     » vendredi 7 mars 2008
    Rupture linguistique entre M. Sarkozy et Mme Pécresse-
    Dans un discours prononcé à Caen le 9 mars 2007, le candidat Nicolas Sarkozy déclarait : « Je veillerai à ce que dans les entreprises installées sur le territoire français, la langue de travail soit le français, dès lors qu’il n’y a aucune nécessité économique ou commerciale qui oblige à s’exprimer dans une autre langue. » C’était là une promesse électorale de « rupture » — une de plus — avec le « tout-anglais » qui sévit dans un nombre croissant d’entreprises.
    Dans une conversation avec des journalistes, rapportée avec délectation sur le blog d’un rédacteur de Libération (1) , Mme Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, préconise, elle aussi, une rupture linguistique, mais en sens inverse : elle demande que, dans les universités françaises, des cours soient donnés directement… en anglais.  »
    (1) « Le gouvernement français veut “rompre le tabou de l’anglais” », par Jean Quatremer, Coulisses de Bruxelles,UE, 25 février 2008.  »

    PROMIS, JURE ! je n’y reviendrai plus !

    PS pour Serge : mon livre de chevet actuel, c’est la dernière réédition de Montaigne en Pléiade ; mais .. très bonne idée Rabelais..

  12. Je ne vois pas de contradiction entre ces deux citations.

    Il est évident que suivre des cours en anglais, analyser et rédiger des documents en anglais ne peut que mieux préparer un étudiant à la vie professionnelle qui se déroulera quelle qu’elle soit dans un contexte qui sollicitera la connaissance de l’anglais à un moment ou un autre.

    Cela n’empêche pas de parler français quand c’est la langue qui est la plus naturelle et ou la langue qui permet le mieux de communiquer dans un contexte donné.

    J’ai plutôt un problème avec le principe de ce genre de déclaration démagogique, mais c’est une autre histoire.

  13. @ Tous : Reste une réalité, l’anglais dans son vocabulaire au quotidien, emprunte plus au Français que le Français n’emprunte à l’anglais… Cela peut surprendre mais c’st pourtant une réalité !! Depuis qu’un Duc Normand partit guerroyer outre manche, puis qu’ensuite,une duchesse d’aquitaine qui après s’être emm… quelques années avec un roi de france Cul béni peureux, sans saveur, s’éprit d’un plantagenêt ( tiens planteur de genêts )bon vivant, cultivé, et plein d’humour, nos deux cultures sont tellement mélées qu’elles en sont une richesse pour chacun des deux peuples. Vouloir les opposer n’a pas de sens. Bon aller, Honi soit qui mal y pense !!

  14. @christian et les autres on est à l’époque de la carte bleue : d’un côté il y à ceux qui disent que du bonheur et sont plein de fric et de l’autre devines? J’oubliai depuis Bill Gates vous ne croyez pas que tout est changé dans la langue française.Les riches doivent aider les plus pauvres ils n’ont plus que cela à faire. Moi j’essaie de penser par moi même.
    Avec ou sans images. Mon livre de chevet Voltaire Zadig

  15. Vive Christian !!!

    Faut-il être belge pour défendre les langues autres que La Voix De Son Maître ??? et par perversité amicale, je suis prêt à défendre avec toi le flamand et le français !

    Je ne verrais bien entendu aucun inconvénient à ce que le grec ancien ou l’espéranto soient obligatoires dans toutes les facs de sciences ou sur la toile…

    à Serge: as-tu comparé l’énergie nécessaire au fonctionnement d’internet et celle nécessaire à véhiculer nos fesses (et peut-être notre cerveau avec) en automobile jusqu’à la bibliothèque du coin ? question subsidiaire: la Publicité, qui n’a jamais construit ni transmis la moindre connaissance, combien de centrales électriques ?

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